Cher Denis, bravo pour ton édito. Pourquoi le mone du vin va si mal ?
J’en parlais encore ce matin avec le collaborateur d’un de mes clients. Il n’y a pas de vrai lobby du vin.
Il n’y a que des chapelles, des jalousies, des bassesses. Certains vignerons n’hésitent même pas à dénigrer
leurs voisins pour leur piquer la place chez un caviste ou autre.
Ceux-là n’ont pas compris grand chose au commerce. Car, c’est bien connu, plus il y a de bistrots sur la place d’un
village, plus il y a de consommateurs et non l’inverse.
Mon échange de ce matin avec ce garçon était : “Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous
ainsi accepté de devenir des “délinquants” ? Parce que nous ne sommes pas unis. Parce que nous ne nous défendons
pas. Alors oui, vignerons réveillez-vous tant qu’il est encore temps !
J’avais créé le Parti d’en Boire avec l’espoir de faire bouger les choses mais... j’ai baissé les bras car je me suis très vite rendu compte - alors que j’avais
bien précisé mon souhait de créer une association active - que personne ne bougeait vraiment. Considérant qu’il ne m’appartient
pas de faire le bonheur des vignerons malgré eux, juste de les accompagner du mieux que je peux et de pousser des coups de gueule quand
le juge nécessaire, j’ai “rendu les armes”.
On parle, régulièrement, du déficit de la Sécurité Sociale. Or, qui ne s’est jamais trouvé confronté devant
cette situation honteuse qui consiste à devoir acheter deux boîtes d’antibiotiques pour un traitement de 6 jours
parce que le conditionnement est prévu pour 5 ? Oui, qui ose dénoncer ça ? Personne. Le lobby pharmaceutique
serait-il si puissant ? Et que fait-on de la deuxième boîte achetée pour le 6ème jour ? Au bout de quelque temps,
on finit par la jeter. Je serais curieuse de savoir ce que cela représente dans le fameux trou de la sécu.
Alors, pourquoi pas des boîtes conditionnées pour la durée du traitement ?
Oui, chaque fois qu’un bistrot ferme on ouvre une pharmacie parce que les vignerons ne se bougent pas assez.
J’ai proposé à une association de vignerons dont j’ai l’honneur et le plaisir de porter les couleurs de s’engager pour la défense du vin.
Voici un extrait de ma proposition qui est restée sans suite.
“Comment défendre le vin ? En exerçant une pression sur les syndicats
viticoles de vos régions respectives. Chacun d’entre vous rédigerait une lettre qu’il enverrait au Président de son Syndicat lui demandant
d’entamer une action d’envergure pour que le gouvernement et les associations bien pensantes en tout genre cessent la diabolisation du vin
en mettant en avant le poids économique du vin dans notre pays, les emplois directs et les emplois induits.
Vu la grande crise que nous traversons, c’est le moment ou jamais. Et que l’on ne me réponde pas que c’est peine perdue.
Car, effectivement, si on baisse les bras avant, il est inutile ensuite de gémir.
Cette action de lobbying pourrait être poursuivie pendant Vinexpo en diffusant, sur chaque stand d’exposant français,
une pétition à signer.”
Voilà mon cher Denis. Ça râle dans tous les sens mais ça n’agit pas. Peut-être sont-ils déjà tous sous tranquillisants ?
Moi, mon tranquillisant, c’est le vin. Je le dis haut et fort et je l’assume ! A la fin d’une
journée de travail compliquée, quand il y a eu trop de pression, trop de stress, je me sers un à deux verres
de vin. Cela me décontracte, me fait du bien et me rend heureuse. Où est le mal ? Parce qu’il y a des irresponsables
on doit punir les responsables ? Non, définitivement non. “Mieux vaut être saoul que con, ça dure moins longtemps”.
Et vive la sagesse africaine puisque c’est du Sénégal qu’un journaliste belge a rapporté cette phrase que j’ai
voulu tout de suite adopter, tant elle me sied.
Quant au vin sans alcool – récemment un journaliste me demandait si je connaissais des vignerons qui en faisaient – j’ai
répondu que si c’était sans alcool, ce n’était pas du vin. Car, justement, ce qui est agréable dans le vin, en dehors du plaisir
gustatif qu’il nous procure, c’est de nous détendre. Et... Vu la société que nous nous sommes fabriqués, on en a de plus
en plus besoin.